Charleroi Palais des Expositions, transformation du Palais des Expositions de Charleroi (Wallonie, Belgique) portée par AgwA et architecten jan de vylder inge vinck (AJDVIV), est lauréat Architecture 2026 du Prix d’Architecture Contemporaine de l’Union européenne / Prix Mies van der Rohe (EUmies Awards). Le projet est distingué pour une relecture précise d’un vaste équipement culturel existant, qui démontre comment l’architecture peut travailler avec l’existant plutôt que le remplacer.
Au lieu d’une démolition-reconstruction, l’intervention mise sur des gestes ciblés : ouverture et « décapage » du hall central pour en faire des terrasses urbaines couvertes, création d’un jardin central sur trois niveaux, et continuité paysagère qui laisse le sol et le végétal « entrer » dans le bâtiment. L’ensemble revendique une économie de moyens au service de la flexibilité, de la circulation et de nouveaux usages collectifs.
Repères du palmarès
- Distinction : Lauréat (Architecture Winner)
- Projet : Charleroi Palais des Expositions
- Équipe / agences : AgwA + architecten jan de vylder inge vinck (AJDVIV)
- Client : City of Charleroi
- Localisation : Charleroi (Wallonie), Belgique
- Programme / type : Culture — centre de congrès & d’expositions (réhabilitation / transformation)
- Surface (site) : 37 700 m²
- Surface (SDP brute) : 50 000 m²
- Concours / prix : Prix d’Architecture Contemporaine de l’Union européenne / Prix Mies van der Rohe (EUmies Awards)
- Année : 2026
Lecture du projet
La force du projet tient à une position claire : révéler les qualités d’un grand volume hérité (échelle, rationalité, monumentalité) et en tirer une nouvelle urbanité, plutôt que de chercher une « nouvelle forme ». Le hall central est volontairement traité comme une structure extérieure couverte : en déposant certaines façades et en travaillant la topographie, il devient un enchaînement de terrasses et de seuils publics, capables d’accueillir des usages multiples sans sur-spécialiser l’architecture.
Le projet s’appuie aussi sur des décisions de « juste dose » : réduire l’enveloppe chauffée quand c’est pertinent, reprogrammer une aile en parking, ménager des démolitions stratégiques pour libérer des respirations et transformer des contraintes budgétaires en leviers de projet. Cette approche, proche d’une archéologie constructive, fait de la transformation un processus continu : une mise à niveau qui laisse le bâtiment évoluer, plutôt qu’un geste final.
À retenir : le lauréat 2026 montre qu’une réhabilitation peut gagner au plus haut niveau en assumant l’existant, en ouvrant de nouveaux espaces publics, et en transformant la rareté en stratégie.
Pourquoi le résultat compte
Ce prix est un repère utile parce qu’il affirme un critère devenu central dans beaucoup de jurys internationaux : la capacité à transformer plutôt qu’à remplacer. Ici, la récompense vise moins une signature formelle qu’une intelligence de l’intervention — lecture fine de l’héritage, économie de moyens, et création de valeur d’usage par des transformations précises.
Pour les candidats aux concours, le message est clair : un récit solide peut se construire à partir d’un diagnostic (ce qui mérite d’être conservé), d’une stratégie (où intervenir, où s’effacer), et d’un effet d’urbanité (comment le projet élargit l’espace public et les usages). Les EUmies Awards 2026 valorisent explicitement cette culture de la réparation, de la réutilisation et de l’appropriation.
Ce qu’il faut observer
- Le statut du hall central : pensé comme un espace extérieur couvert (« zéro énergie ») plutôt qu’un volume climatisé.
- La topographie et les seuils : terrasses, jardins et circulations qui reconnectent le bâtiment à son contexte.
- La gestion de l’enveloppe : réduction ciblée du périmètre chauffé et reprogrammations (dont le parking) pour tenir le budget.
- Le vocabulaire minimal : interventions ponctuelles, normes intégrées sans effacer le caractère existant.
- La valeur des démolitions : retirer, ouvrir, puis réemployer (y compris en mobilier) comme partie du projet.
Galerie du projet
Les visuels ci-dessous documentent à la fois la transformation spatiale (terrasses, hall, seuils) et la logique d’intervention (plans et coupes) qui structure la réhabilitation.





